Saison 1999/2000

 

Lyon-la-Duchère - Nice

7° tour de la Coupe de France 2000

Nice, incapable de s'imposer face à des amateurs, encaisse 4 buts dans les prolongations. Quelle honte...

Date : 27 novembre 1999 (Stade Balmont)

Score : 4 - 0 (a.p.)

But : -

Equipe :Prat - Coupe France

Entraîneur : C. Damiano

Avertissements : Grassi (63°) - Aulanier (72°)

Spectateurs : 500.

Arbitre : M. Malige

Résumé :

C'est la bûche avant l'heure. Pour l'OGCN, la Coupe de France est déjà finie.

Hier, à Lyon Duchère, Nice est tombée de haut. Une chute vertigineuse. De quatre étages. Comme ces quatre divisions qui séparent le club niçois (D2) de son adversaire survolté par l'événement (DH). Comme ces quatre buts aux allures de claques. Et dire que les Niçois n'avaient plus perdu depuis onze rencontres. Dire qu'ils ne prenaient plus de but. En une sombre soirée, toutes leurs belles certitudes ont volé en éclats. Quelle gifle! Les pros ont sombré face aux amateurs durant une prolongation catastrophique. Pauvre Grégorini fusillé de quatre balles.

Jamais, ils ne surent être les patrons du terrain. Si le score peut paraître ahurissant (4-0), la qualification des Lyonnais est tout à fait logique. Parce que la chance a souri aux audacieux. Les Niçois, eux, devront oublier ce revers. Ils devront effacer de leur mémoire ce 27 novembre. Et tourner la page pour replonger dans le championnat. Retour sur une grande désillusion.

Round d'observation

A 18 heures, les uns rêvent d'exploit, les autres souhaitent éviter le cauchemar. Atmosphère traditionnelle d'une soirée de Coupe de France... Situé au cœur d'une cité plutôt chaude, où les tours de béton poussent comme des champignons, le stade Balmont contraste pourtant avec cette image glaciale de banlieue menaçante. L'ambiance ? Tiède. Un tantinet bon enfant. Un rien campagnarde. Un comble pour ce quartier surpeuplé. Les bons résultats des Lyonnais en championnat de DH (leader avec sept succès pour un nul) et le nom de l'OGC Nice n'ont pas vraiment excité les imaginations et remué les foules. C'est donc

presque dans l'intimité que Lyonnais et Niçois croisent leurs regards pour la première fois. Lyon-Duchère méfiant. Nice sur ses gardes. Le début de match ne réchauffe point les esprits. Malgré une volée timide de Morcillo (5e) et une tête non cadrée de Nogueira (14e), le round d'observation s'éternise.

On se juge. On se jauge. Et la pupille de l'observateur attend toujours l'éclat d'une action. Le brillant d'un mouvement. Sa paupière commence même à s'alourdir lorsque les locaux se décident à faire vivre leur songe d'exploit. Le poing décidé de Grégorini et le pied rageur de Tchato—suite à deux corners désordonnés—sont là pour calmer les ardeurs. Puis, un centre fuyant de Sanchez contraint le gardien azuréen à se jeter dans les jambes alertes d'un certain Jean-Olivier Job frère du plus célèbre Joseph-Désiré aujourd'hui Lensois après être passé par Lyon.

Roche trouve la transversale

Et les Nicois dans tous ça ? Et bien, ils combinent. Tentent de poser le peton sur le ballon. Mais manquent de maîtrise et d'autorité pour faire régner l'ordre et respecter la hiérarchie. Il faut attendre la demi-heure pour qu'ils fassent trembler Decamps. A l'origine, un coup franc de Marquet faiblement repoussé par le portier. A l'arrivée, un plat du pied de Roche qui finis son voyage sur la transversaIe! Roche, qui a retrouvé l'air du pays, s'offre une série de feintes et de crochets sur le côté gauche. Mais Decamps brise la trajectoire de son centre. Lyon-Duchère repart au combat. Mais c'est un dégagement de Terrier qui apeure les Nicois en prenant Grégorini à contre-pied. Le stade se lève. Le ballon frôle un montant.

A la pause, les Lyonnais ont encore tant à gagner. Et les Niçois tout à perdre.

Et une frayeur de plus...

Dès la reprise, Lyon-Dùchere frôle le bonheur. Parti dans le dos de la défense après une astucieuse déviation de Dogbo, le latéral Abidal s'échappe. Efface Grégorini. Mais ne parvient à redresser sa course et le ballon. Une occasion en or! Et un avertissement sans frais de plus pour un OGCN trop inconstant. Christian Damiano décide alors de retoucher son schéma (53e) . Il sort Marquet et lance Romay. Le choix de l'offensive est plus ciblé. Cependant, Nice cherche toujours son jeu et son rythme. Certes, les Blancs (d'un soir) sont sérieux et disciplinés, mais ils n'ont pas de flamme. Et trop peu d'idées pour s'affirmer comme les maîtres du pré.

En face, les Lyonnais ont la foi qui s'amplifie au fil du temps. Ils mordent le cuir. De plus, devant le duo Dogbo-Job laisse plané un danger constant. En fin de rencontre, les hommes de Damiano envahissent enfin le camp rival. Un tir contré d'Aulanier. Une tête au dessus de Bravo. Nice pousse. Dogbo, un vrai diable, contre, perce et frappe. Avec puissance sans précision. A l'approche de 20 heures, le coup de sifflet de M. Malige indiquant la prolongation ne surprend personne. Le scénario est finalement aussi fou (I'opposition) que logique (les occasions)...

Folle prolongation !

Et soudain, le coup de théâtre ! Sous la forme d'un coup de tête magistralement ajusté par Eric Abidal suite à un centre laser de Sanchez (95e) Grégorini et les siens sont au tapis. Tout Lyon-Duchère est aux anges! Sonnés, les Niçois tentent de réagir. Une tête de Terrier est bien près de leur redonner le moral. En vain. Ils se ruent alors à l'assaut des buts de Decamps. La réponse Iyonnaise sera cinglante... La défense passive de l'OGCN laisse alors Grégorini sans défense. Fautes de concentration, de placement. L'espoir s'est bei et bien envolé. La Duchère s'invente trois contres meurtriers. Un doublé de Tahri et un dernier but de Djoudi. 4-0. Personne n'en croit ses yeux.

Les Lyonnais sont sur un petit nuage. II mène au paradis. Pour les Niçois, la Duchère, c'est vraiment l'enfer.

(Article de Philippe CAMPS, Nice-Matin, 28/11/1999)